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Le 18 juin 1940, le Général de Gaulle, lance depuis Londres sur les ondes de la BBC un appel à la France entière. C'est l'appel de la dernière chance, celui de la résistance invitant les Français à combattre l'invasion allemande, l'appel qui conteste la victoire de l'Allemagne. L'homme de guerre s'impose comme leader incontestable, dont le discours parfaitement calibré et judicieusement rythmé a certainement changé le cours de l'histoire.

 

« Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas », une certitude que le Général de Gaulle va insuffler jusque dans les foyers français après un discours méthodiquement préparé.

 

Un contexte dramatique

Le Général l'avait bien compris, rien n'est plus efficace qu'un rappel du contexte, surtout si ce dernier est férocement dramatique, « Nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi ». Le tableau dressé est noir, mais pas suffisamment et c'est ainsi que poursuit le Général : « Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer » et répétant encore une fois « Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui », toujours marqué en trois temps. L'ennemi est identifié comme la force capable de vaincre l'armée française et donc la France, celle à laquelle le général a consacré sa vie. La tension dramatique est à son comble, la France est à l'agonie face à la puissance allemande.

L'autorité du Général n'est rien sans son charisme. C'est bien « les chefs », « ce gouvernement » qui ont provoqué « la défaite de nos armées ». Armée dont il est, ce jour, l'un des principaux représentants, armée dont il porte l'uniforme et les couleurs. Mais cette défaite n'est pas un seul instant la sienne, et il le confirme cela avec autorité : « Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! ». Cette transition amorce la suite, l'annonce d'un nouveau leader.

Le discours bascule à la première personne

C'est avec légitimité que le Général s'impose « Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause », et déclare sans sourciller « que rien n'est perdu pour la France ». C'est dans un jeu de « Qui fait quoi ? » que le Général parle de l'avenir pour qui rien ne semble perdu car la France n'est pas seule. « Elle n'est pas seule ! » martèle t-il à trois reprises. Et que peut faire la France pour vaincre… « [utiliser] les mêmes moyens qui nous ont vaincus [pour] faire venir un jour la victoire ».

Un rythme ternaire, la rhétorique de la répétition

La tactique du Général est de rappeler que « cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays ». Son plan d'action se présente ainsi : « [la France] peut faire bloc avec l'empire qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limite l'immense industrie des Etats-Unis ». Scandé en trois temps et trois répétitions, le texte, comme le combat, prend à chaque mot un peu plus de puissance : « Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale »

Et c'est avec la force rhétorique de la répétition qu'il engage la suite, stratégique : « Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis » concluant de manière inéluctable que « Le destin du monde est là ».

Un seul message, très fort

La force de ce discours tient dans sa structure qui est aussi un message fort et clair pour tous : « Parce qu'il n'est pas tolérable d'admettre que l'Allemagne a gagné la guerre, tous les français doivent résister, en se ralliant derrière moi ». Et, plutôt que de conclure, de Gaulle se projette dans l'avenir : « Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. » L'acte 1 est terminé, place à l'acte 2, la résistance et, sous entendu, la victoire.

Nos trois conseils pour prendre la parole comme de Gaulle :

  • Bien poser le contexte avec ce qu'il convient de dramatisation (nous ne sommes plus en guerre, fort heureusement)
  • Structurer son discours à partir d'un message unique, parfaitement clair
  • S'expatrier à Londres

 

par Annaïck Le Bouëdec pour The Message Company