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Pour convaincre son public, l’utilisation de Powerpoint ne sert à rien si l’on n’a pas au préalable défini son message et structuré son discours L’intelligence se mesure-t-elle au nombre de diapositives Powerpoint ? On pourrait le croire vu l’inflation galopante de leur utilisation dans les présentations, internes comme externes. C’est une véritable logorrhée visuelle, une épidémie, pire une pandémie.

 

Les diapositives se propagent comme un mauvais virus. Scientifiques, financiers, ingénieurs, experts en tout genre, dirigeants, tous s’en donnent à cœur joie pour exhiber leur savoir en termes purement quantitatifs. Au lieu d’expliquer naturellement leur propos sur le ton de la conversation, les voilà qui lisent leurs « slides », affichent quatre messages sur chacune d’entre elles, sans parler des diagrammes illisibles, des animations s’essayant vainement au suspens ou des schémas fonctionnels qui ne fonctionnent pas. Le pire ? Les présentations recyclées. Non, il ne s’agit pas ici de développement durable ou d’économie de CO2.
Le recyclage de présentation est un amalgame d’anciennes présentations, les siennes, celles de ses collaborateurs, collègues, confrères ou même de son conjoint. Pris par le temps, il faut produire. Alors on produit. Et mal.

 

Lorsqu’on autopsie toutes ces présentations dont personne ne se rappelle, plusieurs maux apparaissent.
En premier, les orateurs sont trop bavards, ils veulent trop en dire. La pensée n’est pas aboutie. Ils ont utilisé Powerpoint pour rassembler leurs idées. Ce faisant, ils n’ont parcouru qu’une partie du chemin oubliant de choisir le message de leur présentation et de construire une argumentation logique.
Un logiciel de présentation n’est pas un logiciel de réflexion. Il permet d’exposer de façon visuelle ses propos afin qu’ils soient plus compréhensibles, plus percutants, plus clairs. En prémachant le travail avec ses modèles de diapositives, Microsoft a facilité le travail. Plus besoin de dessiner des diagrammes. Mais n’oublions pas que Microsoft ne sait pas ce que vous voulez dire. Le prêt à porter n’a jamais été du prêt à penser !

 

Deuxièmement, la technique ne doit pas être de la poudre aux yeux. Les fabricants de piano numériques, comme Yamaha et Roland, ont créé des instruments donnant parfois l’illusion que la technique allait remplacer la création musicale ou le musicien. Certains pianos jouent même tout seul ! Avec Powerpoint, on peut intégrer de la vidéo, activer des liens hypertextes, lancer des animations « qui en jettent »…Mais les effets de manche peuvent tomber à plat car tout spectacle suppose un metteur en scène qui, lui aussi, a un message à transmettre.

 

Troisième travers. Lors de conférences, beaucoup d’orateurs présentent la même version pour l’oral que pour l’écrit : celle remise aux participants après la conférence. Quarante diapositives tuent l’interactivité avec la salle. L’exhaustivité d’un document de référence est à l’opposé des règles d’efficacité d’une intervention en public.
Qu’on se le dise : PowerPoint – ou tout autre logiciel de présentation- ne remplace pas une personne qui parle, qui regarde, qui affirme sa conviction ! Ce serait dommage de brûler Powerpoint comme une sorcière. Il faut juste le ramener à sa juste proportion. De toute façon, à l’heure du tout numérique, les autodafés posent problème.

 

par Paul-André Tavoillot