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Chercheuse en Sciences de l'information et de la communication, Annaïck Le Bouëdec est spécialisée en prise de parole. Elle est également Consultante en communication, en charge du pôle R&D au sein de l'agence conseil The Message Company. Enseignant la communication interpersonnelle et la prise de parole en public dans diverses universités, elle nous livre ses conseils en matière de communication non verbale.

 

Les plus grands orateurs sont connus pour leur charisme, et maîtrisent parfaitement la communication non verbale : l'art de séduire et de transmettre leurs émotions sans dire un mot. Une prise de parole réussie se traduit évidemment par un message clair avec un discours bien construit et argumenté. Mais il ne vous suffit pas de connaître votre texte par cœur pour marquer les esprits de votre public.

 

D'après une étude de Locke & Anderson (2015) sur le langage corporel, 69% des personnes auraient tendance à suivre un leader qui affiche une posture de confiance contre seulement 42% lorsque celui-ci montre un comportement non verbal plus hésitant*.

 

Pour gagner en efficacité lors de vos prises de parole et gagner en assurance, voici quelques conseils pour améliorer votre communication non verbale.

1 - Votre voix

C'est l'outil de communication qui vous permet de délivrer votre message, alors accordez-y la plus grande importance ! En écoutant le discours de certains orateurs, nous pouvons déterminer s'ils sont stressés, timides ou plutôt confiants…Lorsque vous utilisez votre voix, vous devez prendre en compte les 4 éléments suivants :

  • - Le débit : ni trop rapide ni trop lent, vous devez adopter un débit de parole qui ne dépasse pas 140/160 mots par minute. D'après Annaïck Le Bouëdec, « si le débit est trop rapide, les personnes ne peuvent pas enregistrer les informations contenues dans le discours. S'il est trop lent, l'auditoire peut vite décrocher. Il faut donc trouver un bon compromis entre 200 mots par minute permettant d'affirmer ce que vous dites, même si cela peut paraître très rapide et 140 mots par minute qui est un rythme beaucoup plus lent. Autour de 160-170 mots par minute, vous susciterez l'intérêt de votre auditoire sans l'épuiser. Le plus important reste de s'adapter à son public en oscillant entre clarté et fluidité, pour maintenir son attention ».
  • L'intensité : il s'agit du volume sonore de votre voix. Selon le nombre de personnes présentes, l'environnement, la situation, n'hésitez pas à moduler votre voix.
  • L'intonation : Il s'agit du mouvement mélodique de votre voix. Pensez à varier votre intonation qui peut être ascendante ou descendante ainsi qu'à accentuer certains mots, afin de garder l'attention de votre public. Annaïck Le Bouëdec ajoute : « nous savons aujourd'hui qu'une voix aigüe marque moins les esprits qu'une voix à tonalité basse, c'est-à-dire grave, selon les études du chercheur américain en linguistique et en psychologie de l'université de Californie, Rosario Signorello (2014). Nous pouvons alors affirmer que l'auditoire perçoit un certain niveau de charisme en fonction de la tonalité de la voix. Pour marquer les esprits, il est préférable d'opter pour une voix plus posée voire plus grave, ce qui donne l'impression à votre interlocuteur d'une meilleure maîtrise de soi ».
  • La respiration : « généralement quand l'orateur est stressé, il s'entête à parler vite pour que ça se finisse vite. Or, poser des silences et respirer permettent de réduire nettement le stress et également de faciliter la compréhension de l'auditoire, dont le cerveau ne peut pas recevoir trop d'informations à traiter simultanément », explique Annaïck Le Bouëdec.

 

Surtout, n'hésitez pas à marquer des silences pour prendre le temps de respirer et avoir un débit de parole confortable, sans oublier de vous relaxer avant votre prise de parole.

 

Travaillez votre voix, entraînez-vous et vous obtiendrez une nette amélioration de la qualité de votre communication.

2- Vos Gestes

La gestuelle fait partie du langage corporel, certains politiciens en abusent un peu mais des gestes saccadés, répétés et rapides peuvent apparaître comme un marqueur de stress et agacer le public.

 

Par exemple, croiser ses bras, se passer la main dans les cheveux, tripoter ses mains, toucher mécaniquement un objet : ces gestes vous trahissent et sont à bannir !

 

Pendant votre prise de parole, optez pour des gestes ouverts, montrez que vous appréciez de vous exprimer sur un sujet que vous maîtrisez. Accordez vos gestes à votre discours pour assurer une certaine cohérence entre votre langage verbal et non verbal : « contrairement à l'extrapolation que l'on fait de l'étude sur langage non verbal de Albert Mehrabian (1967), la gestuelle et l'intonation ou plus largement le non verbal ne régit pas 93% de ce que reçoit votre interlocuteur. La nuance qu'il est important d'apporter est que votre langage corporel et votre intonation doivent être en cohérence avec votre discours, parce que si ce n'est pas le cas, vous n'arriverez pas à convaincre votre auditoire », assure Annaïck Le Bouëdec.

 

Enfin, la meilleure manière de contrôler vos gestes est de vous filmer !

3- Votre regard

Comme Annaïck Le Bouëdec l'indique, il est essentiel de regarder votre public pour faire passer votre message plus efficacement et capter l'attention de vos interlocuteurs : « Il y a une différence si l'on s'adresse à un public ou à un interlocuteur individuel. Face à un public, il est préférable de créer du lien avec l'ensemble et donc de ne jamais relâcher votre regard en donnant l'impression que chaque individu reçoit de l'attention de votre part. Cependant, vous ne pouvez pas faire de même dans une relation interpersonnelle car ce n'est pas naturel de regarder votre interlocuteur constamment dans les yeux. Il existe ce que j'appelle des décrochages de sincérité, ceux qui indiquent que l'on ne ment pas par exemple. Plus l'attitude est naturelle, plus elle inspire confiance et favorise l'écoute ».

 

Un regard fuyant ou posé sur d'autres éléments environnants plutôt que celui de vos interlocuteurs montrerait que vous n'avez pas forcément confiance en vous ou peut être également signe de timidité.

4- Votre posture

Pour prendre la parole avec aisance, vous ne devez pas oublier vos appuis.
Quelle est la posture idéale à adopter ? Le plus souvent, les deux pieds légèrement écartés, le dos droit, la tête haute, les bras ouverts et c'est à vous !

 

Cela montrera que vous avez confiance en vous, que vous êtes convaincu(e) par ce que vous dites. Annaïck le Bouëdec confirme que : « plus votre posture est stable, plus vous inspirez confiance. Le corps traduit le stress, la panique, la mauvaise gestion de ses émotions. Ces indices auxquels l'auditoire est très réceptif peuvent déstabiliser l'orateur et nuire à l'impression de maîtrise que l'on souhaite transmettre. La stabilité, notamment du corps avec un bon ancrage au sol et des gestes lents et assurés donnent l'impression d'une maîtrise de soi et de la situation ».

 

*Locke, Connson C. and Anderson, Cameron (2015) The downside of looking like a leader: power, nonverbal confidence, and participative decision-making. Journal of Experimental Social Psychology, 58. pp. 42-47. ISSN 0022-1031

 

par Claire Gérard