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La saison des « micro-trottoirs » dans les journaux télévisés a sa version été (les plages) et sa version hiver. Commenter les premières chutes des neiges, les élections présidentielles françaises ou américaines ou les achats prévus pour Noël... La parole est à la « vox populi » et à ces milliers d'anonymes à qui le petit écran offre un bref instant de célébrité warholienne. Pour réussir son micro-trottoir et passer à la télé, voici les bons conseils de The Message Company. Comme c'est aussi le moment des grands évènements stratégiques au sein des entreprises, voilà une belle occasion, si vous êtes interviewé, de témoigner, de poser des questions ou d’interpeller pour faire bouger les lignes.

 

Soyez concis. Le « microtrott », comme l'on dit dans le jargon journalistique, est un condensé d'opinions inséré dans un reportage. Son intérêt (parfois discuté) est d'offrir une palette de points de vue sur une seule et même question. En clair, vous ne serez pas la seule « star » du reportage. Soyez donc bref et direct (« straight to the point » comme disent les Anglais). En moins de vingt secondes vous devez être en mesure de faire passer votre message. Du reste, la question posée nécessite rarement de longs développements ! La probabilité que l'on vous interroge en pleine rue sur la métaphysique kantienne est assez limitée.

 

 

Enoncez clairement votre opinion. Le journaliste recherche du « vécu », du « personnel », du « parti-pris » et non pas du théorique, du vague et de l'impersonnel. Il veut souvent des opinions tranchées et n'a que faire de tous ces interviewés en bermuda qui s'improvisent experts sur un bout de trottoir. Le micro-trottoir est généralement assez binaire (les « pour », les « contre ») et laisse peu de place aux développements trop complexes. La réponse « thèse / anti-thèse / synthèse » passera difficilement le cap de la salle de montage. Esprits trop subtils s'abstenir !

 

Répondez à la question. En théorie, ça devrait aller de soi… Mais la règle est trop souvent ignorée par les interviewés du dimanche ! Evitez le hors-sujet. Un journaliste ne sélectionnera jamais votre témoignage s'il n'est pas pertinent et n'entre pas dans le cadre de son reportage.

 

 

Soyez détendu. Avec le micro-trottoir, on vous ouvre un micro, exprimez-vous. Tâchez au maximum de le faire clairement. Chassez, si vous le pouvez, les « euh », les « ben » et autres éventuels tics de langage. À la télé, ils s'avèrent rédhibitoires contrairement à la radio où les hésitations sont plus faciles à couper. Tentez d'ignorer l'œil intimidant et impersonnel de la caméra et appuyez-vous sur le regard (théoriquement plus chaleureux) du reporter. Un sourire, voire un zeste d'humour, est toujours le bienvenu.

 

Reprenez la question posée. Par exemple, si on vous demande « quel temps fait-il ? » ne répondez pas « pluvieux » mais « le temps est pluvieux ». Votre réponse doit pouvoir « tenir seule », car, dans la majorité des cas, la question du journaliste sera coupée au montage. Et reformuler la question vous donne une poignée de secondes supplémentaires pour penser à votre réponse.

 

 

En somme, la prise de parole attendue de votre part pour réussir un micro-trottoir est un retour aux fondamentaux de l'expression orale. Clarté, concision et intérêt du propos.<br/ > Rien de mieux qu'un exemple, alors, suivez le conseil d'un expert. Grand habitué des « micro-trottoirs » dans la cour de l'Elysée à la sortie du Conseil des ministres, François Baroin confiait qu'il ciselait ses réponses pour augmenter ses chances d'être repris. L'ancien ministre calibrait une phrase courte en faisant tomber sa voix pour « ne pas finir en l'air ». Avant d'entrer en politique, François Baroin était journaliste à Europe 1. Comme quoi, les cordonniers sont parfois les mieux chaussés.

 

par Clément Martel